Solidarité

"Soutenir une cause sérieuse dans la bonne humeur"

En 2014, Philippe, touché par la maladie, lançait une journée « Bonheur contre le cancer » dans son village, Castelnau-Montratier (46), pour sensibiliser sur les cancers et aider la recherche. Depuis, Phil’Anthrope, l’association qu’il a créée, poursuit son engagement avec plus de 161 000 euros de dons collectés et reversés principalement à la recherche de l’Oncopole mais aussi au service pédiatrique de Gustave Roussy, aux comités du Lot et du Tarn-et-Garonne de la Ligue contre le cancer, et à l’hôpital de Cahors. Entretien avec Béatrice Ruaux, présidente de Phil’Anthrope depuis 2020.

Vous n’avez pas pu organiser, l’année dernière, les événements que vous organisez traditionnellement ?

B. Ruaux : Seule une crise sanitaire comme le Covid-19 pouvait nous empêcher d’organiser la 7e journée à Castelnau et la 5e édition d’un « village contre le cancer », à Camburat situé à quelques kilomètres, l’année dernière. Philippe et sa femme Emmanuelle ont su insuffler dès le départ une extraordinaire dynamique et les citoyens ont répondu présents ! Le concept plaît : une journée d’animations sportives et culturelles, une conférence animée par des professionnels, un repas festif et convivial. En 2016, Phil’Anthrope, s’exporte à Camburat. Delphine, une amie proche de Philippe, organise à son tour une journée qui remporte un gros succès et sera renouvelée tous les ans. En 2018, d’autres opérations ponctuelles sont menées par la ferme pédagogique Rousson dans le Gard.


Vous avez participé à toutes les éditions de la Journée bonheur contre le cancer…

Oui, comme bénévole, puis trésorière et maintenant présidente. A chaque édition, nous avons apporté une nouveauté dans la programmation ! Les Castelnaudais tiennent beaucoup à cette journée, les premières réservations arrivent très tôt, beaucoup de jeunes comptent parmi nos bénévoles. Le repas du soir rassemble 600 participants, la conférence plus de 300, les animations sportives 300 aussi. Pour un village de 1 800 habitants, ce n’est pas rien ! Et à Camburat, c’est la même chose.


Allez-vous pouvoir organiser la Journée cette année ?

Nous l’espérons mais nous avons encore peu de visibilité. Une journée comme la nôtre s’organise plusieurs mois à l’avance… pour le moment nous prévoyons des animations sportives en attendant d’en savoir un peu plus sur les mesures sanitaires. 

www.bonheur-contre-le-cancer.fr

 

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L'interleukine 18 impliquée dans la croissance tumorale

Inflammation et cancer

L'interleukine 18 impliquée dans la croissance tumorale

Après le test prometteur d’un anti-inflammatoire contre le mélanome, l’IUCT Oncopole confirme le lien entre inflammation et cancer. Une nouvelle étude sur le myélome, cancer hématologique, vient d’être publiée dans la revue Cancer Cell (jeudi 15 mars 2018).

Deuxième cancer hématologique, le myélome touche environ 3 000 français chaque année et ne bénéficie pas dans la plupart des cas de traitements permettant une guérison complète. Il y a de nombreuses rechutes. 

Les scientifiques du Centre de recherches en cancérologie de Toulouse (CRCT – Inserm / UT3 Paul Sabatier) et de l’IUCT Oncopole ont découvert une nouvelle stratégie de traitement ciblée sur des marqueurs inflammatoires (micro-environnement de la tumeur). Ils montrent qu’un taux élevé d’interleukine 18 (IL-18), molécule inflammatoire, favorise le développement du myélome dans la moelle osseuse.

L’équipe de Ludovic Martinet, chargé de recherche à l’Inserm, et du professeur Hervé Avet-Loiseau* a mis en évidence chez 152 patients que l’IL-18 diminue les défenses immunitaires et empêche les cellules T immunitaires, d’identifier et de détruire les cellules cancéreuses.

Ils apportent les preuves que des niveaux élevés de cette molécule sont associés à une survie plus faible. Pour Ludovic Martinet « le taux d'IL-18 dans la moelle osseuse est un biomarqueur potentiel pour donner le pronostic de la maladie ». Ainsi, plus les taux d'IL-18 dans la moelle osseuse sont élevés, plus la probabilité que le système immunitaire soit inhibé est grande, ce qui signifie que le pronostic n'est pas aussi bon.

 

L’IL-18, une cible possible pour de nouveaux traitements

De plus, ils ont constaté que l’IL-18 limite l’efficacité des traitements actuels contre le myélome. Bloquer cette molécule pourrait donc permettre de traiter le patient de manière plus efficace.

L’IL-18 peut être neutralisée par des anticorps monoclonaux ou des inhibiteurs pharmacologiques. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles immunothérapies afin de mieux traiter les patients atteints de myélome multiple.

Cette avancée est vitale pour mieux comprendre les causes de l'inflammation dans la moelle osseuse qui conduit au développement du myélome multiple. « Cela nous aidera à déterminer si cette biologie est unique à la moelle osseuse et au myélome multiple, ou si elle est également présente dans d'autres cancers. Je pense aux cancers du sein et de la prostate susceptibles de s’installer aussi dans la moelle osseuse » conclut Ludovic Martinet.