Inflammation et cancer

L'interleukine 18 impliquée dans la croissance tumorale

Après le test prometteur d’un anti-inflammatoire contre le mélanome, l’IUCT Oncopole confirme le lien entre inflammation et cancer. Une nouvelle étude sur le myélome, cancer hématologique, vient d’être publiée dans la revue Cancer Cell (jeudi 15 mars 2018).

Deuxième cancer hématologique, le myélome touche environ 3 000 français chaque année et ne bénéficie pas dans la plupart des cas de traitements permettant une guérison complète. Il y a de nombreuses rechutes. 

Les scientifiques du Centre de recherches en cancérologie de Toulouse (CRCT – Inserm / UT3 Paul Sabatier) et de l’IUCT Oncopole ont découvert une nouvelle stratégie de traitement ciblée sur des marqueurs inflammatoires (micro-environnement de la tumeur). Ils montrent qu’un taux élevé d’interleukine 18 (IL-18), molécule inflammatoire, favorise le développement du myélome dans la moelle osseuse.

L’équipe de Ludovic Martinet, chargé de recherche à l’Inserm, et du professeur Hervé Avet-Loiseau* a mis en évidence chez 152 patients que l’IL-18 diminue les défenses immunitaires et empêche les cellules T immunitaires, d’identifier et de détruire les cellules cancéreuses.

Ils apportent les preuves que des niveaux élevés de cette molécule sont associés à une survie plus faible. Pour Ludovic Martinet « le taux d'IL-18 dans la moelle osseuse est un biomarqueur potentiel pour donner le pronostic de la maladie ». Ainsi, plus les taux d'IL-18 dans la moelle osseuse sont élevés, plus la probabilité que le système immunitaire soit inhibé est grande, ce qui signifie que le pronostic n'est pas aussi bon.

 

L’IL-18, une cible possible pour de nouveaux traitements

De plus, ils ont constaté que l’IL-18 limite l’efficacité des traitements actuels contre le myélome. Bloquer cette molécule pourrait donc permettre de traiter le patient de manière plus efficace.

L’IL-18 peut être neutralisée par des anticorps monoclonaux ou des inhibiteurs pharmacologiques. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles immunothérapies afin de mieux traiter les patients atteints de myélome multiple.

Cette avancée est vitale pour mieux comprendre les causes de l'inflammation dans la moelle osseuse qui conduit au développement du myélome multiple. « Cela nous aidera à déterminer si cette biologie est unique à la moelle osseuse et au myélome multiple, ou si elle est également présente dans d'autres cancers. Je pense aux cancers du sein et de la prostate susceptibles de s’installer aussi dans la moelle osseuse » conclut Ludovic Martinet.