Sarcomes

L'expertise toulousaine, une référence en France

Le Dr Christine Chevreau est impliquée de longue date dans le traitement des tumeurs rares. Elle est actuellement responsable du groupe Sarcome de Midi-Pyrénées.

Qu’est-ce qu’être une femme médecin en oncologie aujourd’hui ?

J’ai rencontré des obstacles plus jeune, mais c’est peut-être une affaire de génération. Je n’ai jamais eu de velléité de pouvoir et j’ai toujours été déterminée. Ce qui est sûr, c’est que je suis restée dans cette structure parce que j’ai eu la chance d’une part de pouvoir conduire jusqu’au bout mes projets, d’autre part de travailler avec des amis et collègues motivés (une vraie famille) et avec un personnel de qualité au service des patients.

 

Vous travaillez assidûment sur la thématique du sarcome. Expliquez-nous ce qui caractérise ce type de cancer ?

Le sarcome est une entité rare et hétérogène. Elle représente moins de 1% des cancers de l’adulte, soit environ 4000 nouveaux cas chaque année en France, dont 350 dans la région. On distingue les sarcomes des tissus mous qui peuvent apparaître n’importe où dans le corps, les sarcomes osseux et les sarcomes des viscères. On décrit actuellement 150 sous types moléculaires différents. On ne dispose encore à ce jour que d’une dizaine de médicaments potentiellement actifs !

 

Quels sont les traitements actuels et les espoirs en la matière ?

Bien que rare, il ne s’agit pas d’une maladie orpheline. Le traitement de la maladie localisée est très bien codifié (chirurgie, radiothérapie…) et la prise en charge repose sur des standards internationaux. Le consensus est moins établi sur la place de la chimiothérapie qui vise à prévenir les métastases. Le pronostic des maladies métastatiques reste sombre. Des travaux de recherche sont en cours qui pourraient permettre l’accès à des traitements ciblés, voire à l’immunothérapie. L’IUCT Oncopole y participe activement.

 

Comment avez-vous structuré l’équipe sarcome à Toulouse, et comment se positionne-t-elle au niveau national ?

Aujourd’hui, nous sommes reconnus comme centre référent d’expertise régionale et nous sommes positionnés au 4ème rang (comme Lille et Nantes) derrière les grandes villes que sont Paris, Lyon et Marseille. En raison de sa rareté, le sarcome a fait l’objet d’une prise de conscience nationale. L’INCa a labellisé le réseau sarcome Français Groupe des Tumeurs Osseuses (GSF GETO) en 2009. Il existe un centre référent par région. La structuration locale est bien antérieure à cette date: Toulouse s’est appuyée sur cette dynamique pour optimiser ses actions. Notre équipe multidisciplinaire de médecins, chirurgiens, chercheurs est très motivée par la thématique.

 

Quels sont les autres objectifs à court terme ?

  • Faire valider sur l’IUCT Oncopole une structure AJA (prise en charge des Adolescents Jeunes Adultes) : un sous-groupe encore plus rare, avec des problématiques psycho-sociales spécifiques, chez qui les sarcomes sont des pathologies fréquentes. Le travail s’effectuera avec les pédiatres et les hématologues. Cette organisation s’inscrit à nouveau dans une volonté nationale de l’INCa ;
  • Poursuivre le développement de la recherche en transfert ;
  • Consolider le réseau avec le souci constant d’optimiser la prise en charge des patients.

Il reste beaucoup de choses à faire mais c’est passionnant !