Dr Agnès Dupret-Boriès

Impression 3D : une avancée pour la chirurgie ORL

Le docteur Agnès Dupret-Boriès, chirurgien ORL à l’IUCT-Oncopole, développe depuis plusieurs années l’usage de l’impression 3D dans le domaine de la chirurgie ORL. Cette nouvelle façon de travailler, vouée à se généraliser, est le résultat d’une collaboration exemplaire entre chercheurs de différentes disciplines.

Concrètement, en quoi consiste l’usage de l’impression 3D en chirurgie ORL oncologique ?

Dr Agnès Dupret-Boriès : L’impression 3D nous aide à préparer les interventions chirurgicales en amont. Pour reconstruire la mâchoire d’un patient atteint de lésion cancéreuse par exemple, nous disposons d’une reconstitution mandibulaire en polymère exacte réplique de celle du patient, imprimée à partir du scanner préopératoire au laboratoire CNRS de biomatériaux CIRIMAT. L’objectif : répliquer parfaitement l’anatomie de la mâchoire d’un patient à partir d’images scanner. Au cours de la chirurgie, le fragment de la mâchoire comportant la lésion cancéreuse est enlevé ; les chirurgiens procèdent, ensuite, à la reconstruction de préférence avec un lambeau de péroné sinon en ayant recours à une plaque en titane.

 

Quels sont les avantages de cette technologie ?

Dr A. D-B : L’impression 3D permet d’effectuer une grande partie du travail avant l’intervention, et garantit également une parfaite adaptation anatomique. C’est donc à la fois un gain en rapidité d’intervention, un gain esthétique et en confort qui permet au patient une reprise alimentaire et de l’élocution plus rapide.

 

Que vous apportent les collaborations avec d’autres chercheurs ?

Dr A. D-B : Je ne concevrais plus de poursuivre ma pratique sans cette collaboration clinique-recherche. Les chercheurs du laboratoire CNRS CIRIMAT à Toulouse et de l’Unité Inserm 1121 à Strasbourg souhaitent répondre à des problématiques cliniques claires et créent une technologie selon nos besoins dans le domaine des biomatériaux. Nous avons une vision commune en ORL qui est de limiter les séquelles des traitements qu’ils soient chirurgicaux ou liés à la radiothérapie. L’objectif est toujours de proposer un traitement curatif au patient, mais en améliorant au maximum sa qualité de vie. Les biomatériaux ont toute leur place dans cette stratégie.

 

Où en est l’état de vos recherches actuelles dans ce domaine et quelles sont les perspectives d’application dans les années à venir ?

Dr A. D-B : Aujourd’hui, je travaille notamment à l’élaboration d’un ciment biocompatible qui permettrait d’imprimer une pièce opératoire biocompatible sans recourir à des lambeaux. En raison des avantages évoqués, l’impression 3D est une technologie qui est vouée à se généraliser. Le principal frein est qu’elle n’est pas prise en charge par la Sécurité sociale et reste à ce jour à la charge des établissements ou des patients dans les cliniques privées.