L’IUCT–Oncopole, leader mondial dans la lutte contre le myélome multiple

Spécialiste en hématologie, le professeur Hervé Avet-Loiseau dirige un laboratoire au Centre de recherches en cancérologie de Toulouse, la plus importante banque de données au monde sur le myélome multiple : un outil déterminant pour mieux caractériser la tumeur, proposer une prise en charge plus personnalisée des patients… et vaincre la maladie, le deuxième cancer du sang en termes de fréquence.

Pouvez-vous nous expliquer ce qui caractérise cette maladie ?

Pr Hervé Avet-Loiseau : Le myélome multiple est un cancer de la moelle osseuse, non héréditaire, qui concerne 4000 nouveaux cas en France chaque année. Il atteint majoritairement des personnes autour de 70 ans. Les cas de personnes jeunes existent mais sont rares. Les cellules cancéreuses détruisent les os, provoquant des fractures, ce qui se traduit au diagnostic par des douleurs. Jusqu’à présent, le myélome multiple était une maladie non guérissable. Aujourd’hui, 15 à 20% des patients sont considérés comme guéris. C’est la forme de cancer qui a le plus progressé, dans le bon sens du terme !

 

Quel est l’enjeu de votre programme ?

Pr H. A-L. : La guérison ! Je ne suis pas chercheur au sens où on l’entend traditionnellement. Je ne fais pas de la recherche fondamentale, mais ce que l’on appelle de la recherche translationnelle, c’est-à-dire revenir au patient et améliorer sa prise en charge. L’évolution de la maladie est très variable d’une personne à une autre. À partir de prélèvements, notre objectif est d’analyser les anomalies chromosomiques dans les cellules, déterminer le pronostic et adapter le traitement à chaque patient.

 

Quelles sont les principales pistes de recherche ?

Pr H. A-L. : Cela fait assez peu de temps qu’on parle de guérison de cette maladie. D’ici 5 ans, nous espérons pouvoir proposer une médecine personnalisée. Une des caractéristiques de nos recherches repose sur une technique visant à analyser la maladie résiduelle (ensemble des cellules malignes persistant dans l’organisme, NDLR), une importante voie de progrès à mon sens, qui vient en complément du diagnostic en début de maladie. Depuis 2 ans, nous avons recruté un chercheur en immunologie du myélome, afin de comprendre pourquoi le système immunitaire n’est pas capable de tuer la tumeur. Un autre aspect très intéressant qui, j’en suis persuadé, va améliorer la guérison des patients.

 

Quels sont les meilleurs atouts de votre équipe et de votre laboratoire ?

Pr H. A-L. : Nous sommes une équipe de 20 personnes, ingénieurs, techniciens, chercheurs… Toute notre action repose sur notre banque de tumeurs de myélomes, la plus importante au monde. Nous centralisons également le suivi de plus de 20 000 patients, ce qui nous permet d’analyser l’évolution de la maladie et la réponse des patients aux traitements. Tout cela fait de nous le laboratoire français central et une des structures en pointe au niveau international.

 

Quel est l’aspect le plus exaltant de votre métier ?

Pr H. A-L. : De voir qu’on améliore les choses tous les jours. J’ai commencé les recherches dans ce domaine il y a 15 ans, l’espérance de vie était alors de 3 ans. Aujourd’hui, elle est supérieure à 10 ans et on en guérit de plus en plus !